Les biocarburants font table ronde à la 75ème Foire de Chalons

La FEDIE était en visite à la Foire de Chalons ce jeudi 9 septembre, l’occasion d’y assister à un grand rassemblement autour des biocarburants. En effet, la Région Grand Est via le CESER (Conseil économique social et environnemental régional), après un an de travail, organisait la signature d’un contrat de filière pour promouvoir les biocarburants durables. Les 47 acteurs signataires s’engagent ainsi pour 4 ans à “animer et dynamiser la filière de manière concertée, à relayer l’information sur les aides accessibles auprès des différents publics et à participer aux organes décisionnels et/ou opérationnels”.

La région Grand Est est la 1ère région productrice de biocarburants en France, elle est aussi 1ère pour la production de colza, de bioéthanol et pour le nombre d’unités de méthanisation. Le contrat de filière et les différentes tables rondes s’articulaient autour de 4 axes : le bioéthanol issu de blé ou betterave sucrière, le biodiesel issu de colza, le bioGNV issu de matières premières organiques et l’hydrogène issu d’énergies renouvelables et de la biomasse.


Des invités de renom pour les tables rondes biocarburants

Du côté des entreprises signataires, on peut noter la présence de Vivescia et Cristal Union pour l’agriculture, du CNPA comme organisation patronale, de Leclerc Energies et Total Energies pour la distribution, d’AIR FRANCE KLM et SCANIA pour l’utilisation aérienne et routière des biocarburants.

Du côté des intervenants, sans tous les citer, nous avons pu entendre Christophe SUSSAT, président de Valtris France ; Gilles BAUSTERT, directeur marketing de SCANIA ; Régis Le GOAVEC, président du CNPA Grand Est ; Xavier BOURAT, directeur des nouvelles énergies chez TOTAL Energies.


Les biocarburants de 1ère et 2ème génération ne s’opposent pas

Alors que la directive RED II attribue de moins bonnes notes à la 1G, la filière rappelle que par exemple dans le cas du colza, la plante est utilisée à son maximum avec la production de tourteaux pour l’alimentation animale, de glycérine servant à la chimie, l’alimentation humaine (margarine, condiments, sauces, pâtisseries…) et enfin de biodiesel, on ne peut donc pas parler en Grand Est de mise en concurrence avec l’alimentation humaine. Si l’ensemble est en plus utilisé en circuit court, le bilan carbone est des plus positifs (bien meilleur que les chiffres moyens européens retenus dans la directive européenne RED II). Les producteurs appellent donc les politiques à la rescousse pour défendre la filière face à l’Europe et aux différentes décisions législatives : limitation à 7% d’incorporations dans le gasoil, limitation du B100 aux flottes captives, baisse des incorporations progressive au profit de la 2G et fin des moteurs thermiques des voitures particulières programmée.


Des schémas volontaires pour répondre au critère de durabilité

Les directives européennes 2009/28, 2013/18/UE et 2015/1513 apportent l’obligation de durabilité des biocarburants notamment pour protéger la biodiversité et mesurer les réductions d’émissions de gaz à effet de serre. Des schémas volontaires 2BSvs, ISCC ou RedCert ont été créés, ils permettent via une vérification indépendante de certifier le respect de l’ensemble des critères de durabilité.


Objectif du contrat de filière à 4 ans

  • Doubler la part de biocarburants durables dans le mix énergétique régional pour la mobilité
  • Faire du Grand Est la 1ère région productrice de biocarburants durables en Europe.
biocarburants
Table ronde biocarburants à la Foire de Chalons

L’exemple du B100

Fabriqué à 100% à partir de colza, compatible avec les engins de transports récents (expérimenté aussi sur une ligne ferroviaire), réduisant les émissions de CO2 et de particules fines, utilisable dans les chaudières fioul. Les avantages sont donc nombreux par rapport au gasoil fossile.


Des infos inédites

Au détour des discours et questions-réponses, la FEDIE a noté quelques informations inédites et importantes :

  • Les biocarburants en Grand Est peuvent permettre de mettre en place des circuits courts, on est à l’opposé de l’idée de déforestation que certains évoquent lorsqu’on leur parle de biocarburants
  • Le CESER rappelle qu’il est aussi possible de se chauffer avec les biocarburants, information primordiale lorsque beaucoup parlent de fin du fioul
  • Malgré des spécifications techniques uniques, il existe plusieurs qualités de biodiesel B100 (entre autres pour réduire l’intervalle des interventions techniques)
  • Pour avoir un ordre de grandeur, un bus diesel et donc pouvant utiliser du B100 coûte 100 000 €, un bus électrique 300 000 €, et la version hydrogène 600 000 €
  • La filière gaz est très active avec le bioGNV, une concurrence s’installe donc aujourd’hui entre les versions gazeuse et liquide des biocarburants, l’hydrogène si l’on en parle beaucoup n’est pas encore assez mûr.
  • Le B100 pourrait être à terme certifié Crit’Air 1 selon Esterifrance


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